Arsenal, à mi-chemin entre la vie et la mort

Modestes sixièmes du championnat à cinq longueurs de la dernière place qualificative pour la C1, les Gunners connaissent une nouvelle année tumultueuse. Une situation qui n’est pas étrangère à Arsenal, mais cette fois, la crise pourrait être d’une plus grande ampleur.

Après cinq mois de compétition, suite à « la » pire saison de l’ère Arsène Wenger, Arsenal accuse un retard conséquent dans la course au « top 4 » synonyme de qualification pour la Ligue des Champions. Une compétition que les Gunners ne jouent pas cette saison pour la première fois depuis vingt ans. La course au titre est complètement abandonnée face à la machine de guerre qu’est Manchester City.

Classement d’Arsenal après 22 journées sur les cinq dernières saisons 

L’Europa League comme objectif principal ?

L’exercice 2016-2017 passé, les supporters ont longtemps attendu une révolution. Il n’en fut rien, Wenger a prolongé son bail pour deux années et les changements en coulisse ont tardé à arriver. Si certains ont finalement abouti, chacun avec une importance plus ou moins marquée, c’est l’aspect purement sportif qui fait tiquer en premier lieu. Le mercato estival a été – presque – unanimement considéré comme « raté », bien que les arrivées rapides de Kolasinac et Lacazette aient entretenu l’espoir. Les autres problèmes n’ont pas été réglés et l’équipe est repartie avec des « bases » brinquebalantes.

Après 22 journées, force est de constater qu’Arsenal va mal. La saison n’est pas bonne, loin de là. Les « gros » font leur petit bonhomme de chemin, eux aussi bien loin de la perfection. Mais ils sont devant et encore en course pour sécuriser une place dans le « big four ». Il semblerait que les défaillances des rivaux soient moins importantes que celles des Gunners ou que celles-ci n’aient pas encore été exposées au grand jour – du moins, pas assez pour que cela se reflète au classement.

Il est souvent dit que la meilleure chance pour Arsenal de se qualifier en C1 cette saison est de remporter l’Europa League. L’équipe a terminé première de son groupe, sans trop de souci et avec un turnover régulier. Un modeste adversaire suédois attend les Gunners en seizième. Si en début de saison, nous pouvions douter de l’intérêt porté par Wenger pour cette compétition, la donne a changé et l’Alsacien pourrait être tenté – ou forcé – de lancer toutes ses forces restantes dans cette bataille. Manchester United a fait ce choix l’année dernière, avec une victoire à la clé mais une sixième place en Premier League. Il n’en demeure pas moins que des grosses écuries restent à écarter pour soulever le trophée sur les terres de l’ancien lyonnais, Alexandre Lacazette : Naples, Atletico, Leipzig, Dortmund, Lyon, Zenit, Villarreal, AC Milan… On pourrait en rire, se moquer, dire que beaucoup de ces équipes sont largement à la portée d’Arsenal. Ce serait une erreur, tant l’incertitude plane sur le niveau d’Arsenal et ce qu’il sera en seconde partie de saison.

Des performances souvent sans relief

Arsenal a longtemps été vu comme « le club qui joue bien mais ne gagne rien », une référence récente aux « baby-Gunners » qui garantissaient du divertissement, du beau jeu et des buts à gogo. Ce temps semble bien loin désormais. Certes Arsenal a remporté trois des quatre dernières FA Cup. Mais les Gunners affichent régulièrement des performances ternes, sans ambition et sans rythme. Ils trainent depuis des années les mêmes problèmes : un jeu basé sur la possession de balle mais qui reste stérile et inoffensive, un milieu de terrain que l’on peut qualifier de pour le moins « perméable » ainsi qu’une défense naïve et beaucoup trop sujette aux sautes de concentration.

Bien sûr, les exceptions existent et elles sont encore plus rageantes. L’équipe peut, quand l’envie lui en prend, et que les conditions sont bonnes, fournir des performances plus que convaincantes. Contre Tottenham par exemple, autant dans le résultat que dans le contenu, tout était réuni. Contre Manchester United, la défaite laisse des traces tant les Gunners ont dominé leurs adversaires mais ils sont punis par d’incroyables erreurs défensives. Même scénario contre Chelsea, bien que le scénario soit heureux, Arsenal aurait pu prendre les trois points.

Le problème est que les exemples négatifs abondent. L’équipe affiche une régression, un déclin, ou pour être plus mesuré, n’a pas progressé significativement. Le passage de Wenger en 343 avait pour but de solidifier un milieu de terrain en perdition, d’apporter du soutien à une défense surexposée et libérer l’arsenal offensif. Il apparaît que ce schéma est à bout de souffle. Wenger s’en est semble-t-il aperçu, en « switchant » en 4231/433 sur plusieurs rencontres avant de finalement revenir aux fondamentaux récemment.

Les blessures récentes ont montré que l’équipe a été heureuse d’en avoir été plus ou moins épargnée jusqu’ici. Contre les Blues, Holding et Chambers sont alignés dans la défense à trois, montrant tantôt de l’inexpérience, tantôt des qualités bien trop éloignées pour prétendre à une place de titulaire au haut niveau. Ces deux jeunes, symboles de cette « relève » n’arrive pas. Aucun jeune joueur ne semble percer et personne n’est en mesure d’énoncer un joueur qui pourrait, en étant réaliste, prétendre à court (voire moyen) terme à une place dans le onze.

Un groupe en perte de vitesse

L’effectif est quantitativement très fourni, comme en témoigne les rencontres en Europa League ou en coupe domestique. Arsène Wenger peut quasiment changer onze joueurs entre deux rencontres, opérant à un turnover complet, sans qu’aucun joueur ne joue deux fois de suite. Mais combien des joueurs d’Arsenal pourraient prétendre à une place de titulaire dans le top 3 de Premier League, dans les plus grosses écuries d’Europe ? Quelques-uns, seulement.

Le renforcement de l’équipe se fait attendre, son renouvellement aussi. Les cadres comme Koscielny ou Monreal vieillissent et accusent plus le coup qu’auparavant. Xhaka déçoit de match en match. Son profil ne correspond pas à ce système tactique, son positionnement handicape l’équipe, ses qualités défensives ne permettent pas d’avoir une quelconque sérénité derrière. Danny Welbeck, l’alternative à Alexandre Lacazette – du moins en l’absence d’Olivier Giroud – a inscrit trois buts en 614 minutes cette saison en championnat, soit une réalisation toutes les 205 minutes. Bellerin n’est plus que l’ombre de lui-même depuis au moins une saison. Iwobi peine à convaincre – c’est un euphémisme – alors que les espoirs fondés en lui sont très grands. Le « gap » entre les titulaires et les remplaçants est béant, en témoigne la faible revue d’effectif effectué par Wenger lors de la période du « Boxing Day ».

Vient alors les cas d’Alexis Sanchez et de Mesut Özil. Les deux « stars » de l’équipe n’ont plus que six mois de bail. Si le Chilien ne semble pas disposé à l’étendre, l’Allemand pourrait être intéressé. Il est depuis quelques semaines revenu à un très bon niveau, portant souvent l’équipe comme on l’attend de lui. Ce génie du football, au talent fou, teinté d’une nonchalance aussi exquise qu’agaçante a souvent « plombé » Arsenal. Alexis, lui, n’affiche pas (toujours) les mêmes intentions. A plusieurs reprises, il a clairement montré qu’il n’avait pas la tête à Arsenal et sa motivation en pâtie grandement. Ses qualités exceptionnelles de footballeur font qu’il reste un élément décisif pour l’équipe : avec huit buts il est le co-meilleur buteur de l’équipe avec Lacazette, auxquels il faut ajouter trois passes décisives.

L’ancien joueur de l’OL, Lacazette a été titulaire 19 fois en championnat… mais n’a fini que 4 rencontres, ce qui en fait le joueur le plus « remplacé » de PL. Aucune réponse à cette interrogation n’a été fournie par le manager français. Pourtant, il y en a forcément une. Que ce soit pour préserver le score ou aller chercher un résultat, le Français est presque systématiquement sorti. En début de saison, le même Lacazette n’a pas toujours été titulaire et parfois, quand il l’était, c’était derrière Danny Welbeck. Une position qui n’a pas vraiment fait ressortir ses qualités. La recrue la plus chère des Gunners reste sur sept rencontres sans marquer. Ce sont finalement d’autres qualités qui ressortent : son activité, sa disponibilité, sa justesse dans ses remises, son utilisation en tant que pivot etc. Mais les premières critiques commencent à tomber concernant le buteur.

Il existe quand même peut-être une éclaircie dans cette tempête pour les Gunners : le retour au premier plan de Jack Wilshere. Lui aussi en fin de contrat à la fin de la saison, il a débuté son sixième match de suite contre Chelsea, une première depuis 2013. Avec la blessure de Ramsey, il a été propulsé au milieu de terrain aux côtés de Granit Xhaka. Les performances de ce dernier pourrait tenter Wenger d’aligner un duo « British » avec Jack Wilshere et Aaron Ramsey. Mais là encore, les limites individuelles des joueurs, leur profil et le système tactique pourront-ils garantir des résultats probants ?

Une chose est certaine. L’ouverture du marché des transferts devrait, comme souvent, amener de nouvelles discussions et les fans espèrent des renforts de taille pour colmater les brèches d’une saison déjà malheureuse.

Fin de saison

Classement final d’Arsenal sur les cinq dernières saisons

Crédit photo: Zimbio/AFP
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Une réflexion sur “Arsenal, à mi-chemin entre la vie et la mort

  1. ThDfs dit :

    Totalement d’accord avec la plupart des choses écrites. Gros manque d’équilibre dans cette équipe la manière dont les 3 défenseurs se retrouvaient seuls dans le 343 c’était absolument n’importe quoi. La possession de balle stérile face aux « petits » est hyper frustrante et ennuyante surtout quand on regarde les performances face au top 6, les mecs s’arrachent, créent du mouvement et sortent souvent des matchs plaisants (même si sans résultats probants à part Tottenham). L’illustration de cette équipe pour moi c’est Sanchez qui est surement le joueur le plus fatiguant à voir jouer avec ses milliards de pertes de balle et dans le même temps des coups de génie incroyables.

    Sinon je noterai quelques satisfactions comme Maitland-Niles qui depuis quelques matchs se révèlent alors que je le trouvais très moyen quand il jouait en Europa League ou Ramsey qui revenait à un bon niveau avant de se blesser.

    Pour résumer c’est surement l’équipe d’Arsenal qui m’énerve et me fatigue le plus depuis que je suis le club. A titre personnel je laisserai partir Sanchez et ferai tout pour garder Ozil (mais c’est plus l’amour pour ce dernier qui me fait dire ça). Y’a du recrutement à faire presque partout et du grand ménage à faire (Welbeck, Walcott… alors qu’on a fait partir Perez) mais encore une fois je sens que ça va être la déception.

    En tout cas merci pour cet article, et #PrayForSanti.

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